Lechat de la Voisine, généalogie brito-angevine

Le mystérieux destin de Julien VOISINE

Dans ma ligné patronymique il y a Julien VOISINE né le 13 mai 1737 au Bois à La Rouxière (44) puis baptisé le lendemain. En 1768, il épouse Jeanne MOREAU, originaire de la Boissière-du-Doré, descendante de familles bien instruites et probablement relativement aisées sans qu'on sache si elle-même l'était. Ce couple apparaît deux fois dans chacune des ascendances de mon grand-père et de ma grand-mère paternels comme dans celle de nombreux rouxiérois.

Vie de famille

Julien et Jeanne exercent la profession de métayers au Plessis Avoué et auront 2 filles et 6 fils. Julien est notamment marguiller c'est à dire qu'il participe au conseil de fabrique chargé principalement de l'entretien de l'église. En 1789, Julien VOISINE est un « citoyen actif », c'est à dire qu'il paie des impôts. A ce titre il peut participer à la rédaction du cahier de doléances de la paroisse de la Rouxière. Comme probablement la majorité de ses contemporains il espèrent sans doute beaucoup de cette opportunité d'expression populaire et par la suite de l'espoir que fera naître la Révolution. Jeanne s'éteind le 19 mars 1790. Julien se remarie le 1er février 1791 à Anne PLOQUIN elle-même veuve de défunt François RABJEAU.

1793

En 1793, la famille recomposée occupaient toujours le Plessis Avoué. Cette année-là, les esprits s'échauffent du nord de la Vendée aux abords de la Loire en passant par les Mauges. On s'indigne de l'exécution du Roi et de la répression à l'encontre de la religion et plus particulièrement des curés réfractaires. Comble des vexations, on décrète l'obligation pour 300 000 jeunes hommes tirés au sort de partir défendre la jeune République menacée par les monarchies voisines. C'est le début des guerres de Vendée entre les blancs catholiques et royalistes et les bleus républicains. Des affrontements débutent notamment à Saint-Florent-le-Vieil et l'insurrection gagne rapidement toute la région. A la Rouxière, après s'être rendu chez le juge de paix, Mathurin Chauvet, et lui avoir pris deux fusils, les révoltés viennent au Plessis Avoué pour désarmer Julien VOISINE. Il ne faisait pas bon occuper des fonctions administratives en cette période de terreur instaurée par l'Etat et on comprend donc pourquoi les insurgés s'en prennent à Mathurin CHAUVET. Mais pourquoi également à Julien ? Les insurgés obligeaient-il tous les habitants à rejoindre la contre-révolution de gré ou de force ?

Que se passe-t-il alors pour Julien. On ne sait pas très bien. Il est néanmoins touché de très près par cette guerre civile puisque son fils Julien et son neveu Pierre seront condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire de Nantes comme brigands de la Vendée et probablement fusillés le jour même dans les carrières de Gigant à Nantes.

Président de l'administration cantonale

En 1797, Julien VOISINE est nommé Président le l'administration cantonale de la Rouxière et on pourrait croire comprendre un peu mieux son positionnement par la recommandation effectuée par M. DOUVILLE commissaire du directoire exécutif du canton de la Rouxière : « Julien VOISINE est très peu capable mais très bon républicain, point fanatique et très zèlé. Est entré en fonction le 5 mars 1797 (15 ventose de l'an V). Très probe... ». A contre-courant des insurgés vendéens, Julien semble ne pas s'être opposé au nouveau gouvernement de la France. Il participe au nouvel appareil d'Etat ainsi qu'aux festivités républicaines (commémoration du 14 juillet, etc.). Le commissaire Douville n'est pas toujours aussi prévenant avec l'administration du canton de la Rouxière qu'il ne l'a été dans la recommandation de ses membres. On s'interroge donc sur les motivations de Julien a assurer ce mandat, d'autant plus que son fils fut fait exécuté par un tribunal révolutionnaire en 1794.

En 1799, la Chouannerie menace d'un nouveau soulèvement dans la région. Les responsables de l'administration sont de nouveau inquiétés. Afin d'échapper aux représailles, Julien s'enfuit avec quelques élus du canton, à Varades.

La disparition mystérieuse de Julien et Anne

La fuite vers Varades est la dernière trace nous restant de notre ancêtre car Julien VOISINE ne possède pas d'acte de décès ni même sa femme Anne PLOQUIN. Nous ne pouvons donc pas savoir où et quand ils sont morts. Néanmoins, un jugement du tribunal civil de première instance d'Ancenis est pris en référence dans l'Etat-civil de la Rouxière de l'an XIII (1805) attestant du décès de Julien vers le mois d'août 1795 ce qui est incohérent. En effet, en 1796, Julien assiste au mariage de son fils Pierre avec Marie GAUDUCHON ; en 1798, il est présent au décès de son frère, Pierre ; en 1797, il occupe les fonctions de Président de l'administration cantonale de la Rouxière et en 1799 il fuit vers Varades. 10 ans séparent la mort supposée de Julien et ce jugement. Le jugement a proprement parlé n'existe plus. A un époque où les dates importaient sans doute encore assez peu, les témoignages de son entourage s'en sont trouvés inexacts, la mort remontait au plus tôt à 6 ans. Sur cette référence au jugement, il est dit que Julien était veuf ce qui signifie qu'Anne PLOQUIN est décédée avant. Mais il n'existe pourtant aucun acte de décès ni aucune trace de jugement non plus pour elle. Ont-il définitivement fuit la région, ont-ils été éliminés ou plus simplement les traces documentaires ont-elles disparues ? Mystère.


remerciements à Josette CROLARD et Odette THAREAU

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